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Le Brave Soldat Schweik Commémoration 14 / 18

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Le Brave Soldat Schweik
Théâtre Musical
Labellisé Mission Centenaire 14 - 18  

Prague, 1914, un archiduc vient d’être assassiné à Sarajevo, la guerre est inévitable, le récit de cet opéra commence sur des évènements graves, mais c’est sans compter sur la nature naïve de Schweik, personnage comique emblématique et célébrissime en Europe de l’est dont les ardeurs patriotiques et la stupidité vont transformer ce triste épisode en épopée rocambolesque.

Olivier desbordes monte ici un spectacle fou, loufoque à l’image de Schweik mais dont la poésie et l’onirisme nous ramènent à l’infatigable réalité d’une guerre dévoreuse de toute humanité. Il nous immerge dans un monde où tout bascule où les échelles de mesures ne respectent plus aucune règle, tout comme les échelles de valeurs, nous conduisant imperceptiblement dans le monde cauchemardesque de la guerre

Cette grande forme qui compte 28 artistes sur scène est une œuvre exceptionnelle qui nous rappelle que cette guerre n’a que «100 ans», 100 ans c’était hier et ça peut tout aussi bien devenir «demain».

LABEL MISSION CENTENAIRE 14-18

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Note du metteur en scène : Olivier Desbordes

Comment montrer que Schweik est le témoin inconscient d’un monde qui bascule ? La guerre de 1914-1918 est le passage d’un vieux monde au terrible 20ème siècle, les Sissi en retraite et les vieux princes vont devenir des chauffeurs de taxi. Finalement, l’expressionnisme ne s’y est pas trompé, les quêtes absolues de désespoir comme le Chemin de Damas, ou les hallucinantes visions du docteur Calligari de Robert Wiene semblent être construits sur un monde qui n’a plus de fondation. Au milieu de cela notre brave soldat traverse cette folie avec la naïveté enfantine nécessaire à un semblant de survie.

Nous avons donc décidé avec Patrice Gouron de mettre ce monde trop grand pour Schweik, trop gros… Un monde qui bascule, où l’horizontal et le vertical n’existent plus, un monde sans fil à plomb ! Vision à la fois grotesque de fantômes enfantins avec des gens trop grands, trop gros, comme si le grand angle en contre-plongée d’un Orson Welles ou la vision apocalyptique du locataire de Polanski étaient la réalité du monde traversé par un innocent.

Cette innocence qui va dire bêtement « le roi est nu » et qui va sans s’en rendre compte, laisser s’écrouler cette improbable architecture sociale !

Monument de la littérature tchèque, le roman de Jaroslav Hasek a souvent été adapté pour le théâtre. En France, on se souvient de l’incroyable interprétation du soldat de Paul le Person dans les années 60. L’Opéra de Chicago vient de remonter un « musical », d’un auteur inconnu, Robert Kurka (né en 1921 au USA et mort en 1957) qui suit exactement le déroulement de la pièce. Schweik est devenu une des grandes figures comiques : un survivant des situations atroces par non résistance réconfortante. Il apparaît toujours serviable et arrangeant. Il ne se plaint jamais et cela frustre ceux qui veulent du mal.

C’est Brecht avant Brecht.

Olivier Desbordes

La biographie du compositeur

Robert Kurka (1921 – 1957)

Robert kurka est mort trop jeune, à la trentaine, d’une leucémie. Compositeur d’origine tchèque, il a grandi dans une banlieue peuplée d’immigrants tchèques à Chicago. Durant sa brève carrière, il composa deux symphonies, un ensemble de pièces de musique de chambre et un opéra : Le Brave Soldat Schweik. Il avait d’abord écrit une suite pour Orchestre, inspirée du roman de Jaroslav Hasek ; cette suite est non seulement devenue son œuvre la plus populaire mais aussi une des quelques œuvres américaines les plus jouées après la Deuxième Guerre Mondiale.

Kurka a étudié brièvement avec Darius Milhaud et il est sorti diplômé de l’Université de Columbia.

L’orchestration de Robert Kurka

Pour cet opéra, Kurka a choisi une orchestration autour des vents, cuivres et percussions et rejoint en cela les lignes de Kurt Weill dans l’Opéra de Quat’Sous. Le Brave Soldat Schweik s’inspire des thèmes de la Suite pour Orchestre. La Suite et l’Opéra retiennent un même mélange d’humour grinçant et de bonne humeur que dans le roman d’Hasek. On retrouve l’esprit de la musique de Kurt Weill, particulièrement pour le ton satirique et ironique de cette musique mui a des airs de thèmes traditionnels populaires.

Notes de lecture sur Schweik

Guerre de 1914 – 1918

« On est tous des sans patries, comme les putes »

Ernst Toller 1918.

« Au lieu d’expressionnisme parlons plutôt d’anarchie, car l’homme de l’avenir est anarchie comme Bouddha. »

Walter Hasenclever, Berlin 1920.

« L’art est un instrument de l’éthique (…). Enfermer ses sentiments en des paroles, c’est le fait du moindre talent. L’artiste doit être la conscience de l’humanité. »

Paul Kornfeld, Berlin 1918.

« Imiter l’homme ne suffit pas à le représenter. Que l’acteur se libère du réel, des attributs de la réalité et qu’il ne soit rien d’autre que le représentant de la pensée, du sentiment ou du destin. »

Paul Kornfeld, Berlin 1918.

« Le cri plaintif s’élève, dépouillé, il accuse la terre et le ciel. De nos poings, nous nous fermons les oreilles pour ne rien entendre ce gémissement, c’est vain, le cri tourne dans nos têtes comme une toupie, les minutes deviennent des heures, les heures des années. D’une plainte à l’autre nous nous desséchons, nous devenons des vieillards. »

Ernst Toller : extraits des textes sur Verdun au bois « le prêtre ».

« Et voilà que rampent sur la terre d’immondes animaux
Qui crachent le feu et répandent la mort !
Un homme cria.
Le chemin !
Le chemin !
Toi, poète, montre-le.
Un Gazé :
Mon souffle est un piaf qui pépie
Mes poumons un nid de gazouillis
Dites-moi, il y a des moineaux
Qui partent pour le midi
Quand vient l’hiver
Gaz, Gaz, gazouillis…
Mère, ne sens-tu pas comme la terre bouillonne. La terre est devenue un ventre unique et puissant qui trésaille de douleurs. Pense aux souffrances que tu as connues pour me mettre au monde, il en est de même aujourd’hui pour la terre qui se tord, ventre déchiré et sanglant, pour accoucher à nouveau de l’humanité… »

Ernst Toller (1916) extraits de Die Wandler – pièce écrite « pendant la troisième année de carnage universel. »

« En cherchant la marche du monde, je suis sûr que l’homme a définitivement décidé de se détruire, et ceci me semble la seule décision vraiment sage qu’il ait prise ! »

O’Neill. 1947

Distribution

Opéra pour orchestre à vents

Production Scène Conventionnée Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré

Presse

A propos de la production de 2008


La partition, confiée à des cuivres, des vents et des percussions, se souvient aussi bien, dans son agressivité et son jeu, du Stravinsky de « l’Histoire du soldat » que du Kurt Weill de « L’Opéra de Quat’Sous ». Sa verve, sa pétulance, sa carrure rythmique franchement revendiquée, ne passent pas inaperçus. Le spectacle, pris dans un tempo quasi cinématographique, se risque jusqu’à la caricature et ne fait pas de quartier. Les comédiens chanteurs assurant plusieurs rôles, infatigablement, portant dans un même élan un ouvrage qui fonctionne sans le moindre raté.


Michel Parouty – Les Échos


Authentique mythe né en Europe centrale, devenu un archétype universel : le brave soldat, chic type mais éternellement naïf, toujours impliqué dans de fâcheuses aventures aux dénouements rocambolesques est merveilleusement tenu par Christophe Lacassagne, l’inoubliable baryton du « Condamné à Mort » (Saint-Céré 2002). Plus que jamais en forme, Olivier Desbordes ne cesse d’inventer une gestique, souvent expressionniste comme pour mieux « digérer » la tuerie. Un spectacle dont on reparlera…


Claude Glayman – Opéra International


Encore une redécouverte ? Oui, «  Le Brave Soldat Schweik », épopée romanesque et grotesque de Jaroslav Hasek inspiré par la Grande Guerre, a connu depuis 1920 un succès considérable. Les aventures comiques de Schweik, l’innocent qui ne se plaint jamais et sort toujours des situations les plus tragiques et rocambolesques. Mené tambour battant par la baguette fine et nerveuse de Dominique Trottein : cet ouvrage nous paraît au niveau des grands spectacles du théâtre musical de l’époque.


Franck Mallet – Classica

Contacts diffusion

Fabienne Viguier
diffusion@opera-eclate.com
06 40 71 56 02
Informations

Spectacle en tournée de mars à décembre 18

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